Les vampires de la planète Xanthis


Les vampires de la planète Xanthis, comme leur nom l'indique, ou tout du moins le suggère si on regarde bien les mots qui le composent, viennent, eh oui, de la planète Xanthis. La planète Xanthis, contrairement à la planète Terre, est un astre sans vie, une masse déléthère d'éléments nocifs à la santé mais propices aux affaires des dentistes de l'espace, qui fend le vide intersidéral tel un bel esquif séparant les eaux de la Baltique, en route pour Tallinn où il déversera sa cargaison de gousses de vanille arrachées aux horizons lointains peuplés par ces sauvages.

Les vampires de la planète Xanthis habitent, donc, ou plutôt fuient, la planète Xanthis, qui est, il faut bien l'avouer, tout sauf le coin le plus agréable du cosmos pour s'installer avec un journal, fumer la pipe et fonder une famille. Comme les vampires de la Planète Xanthis ne manquent pas d'appétit, ils ont décidé de consommer les âmes des humains, incapables qu'ils sont de gérer leur matière grise. Tout le monde se réjouit de ce choix de régime, sauf peut-être les humains, mais qui sont-ils pour s'opposer aux intentions gastronomiques des êtres venus d'ailleurs ?

Seule ombre au tableau, Arthur Schopenhauer, redoutable philosophe du considérable et du provisoire, se dresse, encore et toujours, sur la route des infortunés vampires. Seule solution pour retrouver la verdeur de l'herbe qui pousse toujours plus drue dans le cerveau du voisin, mettre un terme à la carrière du terrible penseur, pourtant mort depuis cent vingt-sept ans. Mais la mort a beau être un sommeil éternel, elle ne saurait retenir quelqu'un d'une stature aussi ample. Il ne lui manque que la moustache, c'est tout dire.